Le film sauvagement original et artisanal Bait du réalisateur Mark Jenkin a été un hit indépendant au Royaume-Uni l’année dernière et visitera nos côtes très prochainement.

BAIT
MARK JENKIN — UK, 2019 – 16mm — 89’

23/10 20:00 Vrijstaat O Oostende

“Tourists go home!”, voilà le type de panneaux qu’on l’on a vu apparaître dans des métropoles comme celle de Berlin ou de Barcelone. Avec le drame de Mark Jenkin, filmé en noir et blanc, on voit désormais ces mêmes panneaux s’afficher aux murs de petites communautés rurales de pêcheurs au sud-ouest de l’Angleterre. Dans “Bait », deux frères regardent avec désarroi leur maison parentale se transformer en un Airbnb pittoresque, des riches Londoniens prendre contrôle de tous les emplacements de parkings avec leurs Land Rovers et où le pub qui n’ouvre plus que pendant les mois où le soleil brille, est occupé par des touristes ivres.

Le réalisateur indépendant britannique montre l’agitation croissante chez les deux pêcheurs avec un style tactile et expressionniste qui correspond plus à un film d’horreur de Série B qu’à un film sur une ville portuaire picturale. Avec son drame excentrique, Jenkin ne cherche pas à attirer de touriste supplémentaire à Cornwall, mais inciter les aventuriers à se soumettre à son expérience hypnotique.

Jenkin réalise ce film sur la vie de pêcheur dans le sud des Cornwall avec une caméra Bolex 16 mm. Le son, étant enregistré et doublé séparément, offre au film la sensation d’être face à un classique des années 40, tout en abordant des thèmes modernes tels que la « gentrification » et la perte d’identité dans un monde de plus en plus homogène.

La projection du film à Ostende est le coup d’envoi d’une large diffusion dans le cadre de Please Release Me. Après cela, le film sera projeté à Netwerk (Aalst), KASKcinema (Gand), BUDA Kunstencentrum (Courtrai), Cinema RITCS (Bruxelles), The Roxy Theatre (Koersel), Cinema ZED (Louvain) et De Cinema (Anvers).

La mer, est à nos yeux, le meilleur lieu où projeter des images, des histoires et des récits. En attendant notre prochaine projection, nous rassemblons une liste de films dans lesquels la mer joue un rôle important, qu’il soit principal ou secondaire. Penses-tu à un film qui ne s’y trouve pas encore? Nous serions ravis d’entendre tes suggestions via notre page Facebook ou sur Instagram.

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Graphisme: Michaël Bussaer. Webdesign: Dominique Callewaert.

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Aujourd’hui, parcourant les rues d’Ostende, le promeneur découvre un éclectisme fantastique: un bloc d’ appartements brutal et gris se trouve à côté du glorieux Thermae Palace. Le bâtiment majestueux, presque stalinien du De Grote Post, domine l’avenue Hendrix Serruys. Un ancien grand magasin héberge un musée d’art moderne. Des maisons belle époque se cachent dans des rues tranquilles.

C’est en 2017 que l’artiste Anouk De Clercq est frappée par un grand vide à Ostende. Ses rues ne rappellent en plus rien la glorieuse culture cinématographique de Henri Storck, James Ensor ou de Raoul Servais. La fermeture du cinéma Rialto signifia la disparition de la dernière salle de cinéma indépendante dans le circuit cinématographique d’Ostende. Avec un décor aussi extraordinaire, avec la Mer du Nord comme écran de projection pour des images, des histoires, c’était une perte, laissant un grand vide.

Et murit donc l’idée de Monokino: une salle, respirant ce même éclectisme, où le cinéma pourrait retrouver ses origines. Une salle ouverte aux cinéma dans toutes ses facettes: court métrages, long métrages, films d’auteur, classiques, films expérimentaux, art vidéo, animation, laissant la place également aux jeunes cinéastes et leurs premières œuvres. Monokino montre, questionne, réagit, encourage le débat, invite, met en perspective. Monokino est un endroit pour et par les Ostendais, pour les professionnels et les amateurs, pour les jeunes et les moins jeunes, pour ceux et celles d’ici et d’ailleurs.

Monokino veut montrer des films qui ne se manifestent pas uniquement sur l’écran. Ils se promènent également parmi les habitants, les spectateurs, les créateurs. Dans ce sens, Monokino est également “Kopfkino”, un cinéma mental ou les images ont la liberté d’exister et de se propager.

C’est ainsi que Monokino se promène comme un nomade dans les rues éclectiques d’Ostende et prend sa place dans la tête et le cœur des Ostendais. Bientôt elle mettra pied à terre de façon définitive.

Monokino veut pousser le cinéma dans le 21e siècle et mettre l’accent sur son côté aventureux. Nous mettons tout en œuvre pour trouver l’endroit idéal où les cinéphiles d’Ostende et d’ailleurs pourront se retrouver chez Monokino, mais en attendant, Monokino fonctionnera comme un plateforme de cinéma nomade.